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De retour d’Allemagne

Ecrit par le 8 mai 2017

« Je me laisse porter comme une feuille par le vent »

INTERVIEW : le sportif de l’extrême Florian Gomet, accompagné par des élèves de la ville partenaire de Paray, est notre invité – au programme d’aujourd’hui : sa conférence

Accompagné d’un groupe d’élèves de la ville partenaire de Bad Dürkheim, Paray-le-Monial, Florian Gomet est également notre invité depuis ce vendredi. Le Bourguignon de 32 ans est entre autres sportif de l’extrême et aventurier. Ce soir, il en parlera dans le Haus Catoir, ce qui pourrait représenter un défi supplémentaire pour son auditoire car il tiendra son discours en français. Mais il vient heureusement avec son partenaire d’entraînement allemand Uwe Heise, qui assurera l’interprétation. Renate Ritz-Schubert a assuré l’interprétation pour l’interview de la RHEINPFALZ.
De plus en plus de personnes se lancent des défis sportifs extrêmes, comme par exemple celui de courir un marathon. Ce que vous entreprenez va bien au-delà. Comment êtes-vous devenu un sportif de l’extrême ?
Ce n’était pas prévu. Jusqu’à mes 20 ans à peu près, je n’étais pas très sportif. Mais par la suite, on réalise que l’on n’est pas immortel, on apprend à reconnaître ce qui est bon pour son corps et ce qui ne l’est pas, on se cherche des défis et les choses se développent en fonction de ça. Au début, j’ai seulement une direction ou un but et ensuite, je me laisse porter comme une feuille par le vent.
Et comment en fait-on un métier ?
J’avais lu des livres traitant d’aventuriers et de sponsoring et je pensais que ça pourrait fonctionner comme ça. Mais je n’ai pas trouvé de sponsors ou de médias intéressés. Pour l’America Extrema, j’ai économisé pendant quatre ou cinq ans et vécu presque comme un moine. Au cours de mon périple, ce sont surtout les Indiens du Canada qui m’ont soutenu avec une hospitalité telle, que j’ai eu l’idée de tenter d’atteindre le Tibet à pied et sans argent. J’aimerais démontrer que même sans argent, on peut accomplir de grandes choses.

Mais vous n’avez pas renoncé aux chaussures pour économiser de l’argent. Comment en êtes-vous venu à marcher pieds nus ?
Ça non plus, ce n’était pas prévu. Je marchais beaucoup pour m’entraîner et j’ai souffert de douleurs sciatiques. L’ostéopathie et la physiothérapie ne m’ont pas aidé. C’est à ce moment-là qu’Uwe Heise (il enseigne l’allemand à Paray-le-Monial) m’a recommandé le livre intitulé Born to Run. Il y est expliqué que l’amorti des chaussures de course peut être la source de problèmes. Ces chaussures nous poussent à poser le talon en premier et de dérouler ensuite le pied. Ceux qui courent pieds nus posent naturellement la plante des pieds en premier. Lorsque j’ai changé ma façon de courir, j’ai bien sûr eu quelques problèmes musculaires au début, mais les douleurs sciatiques ont également disparu.

Est-ce que cela a également un rapport avec votre changement d’alimentation ?
Quand je me suis mis à travailler comme bûcheron indépendant, je consommais beaucoup de produits laitiers et j’ai eu beaucoup de problèmes de santé à ce moment-là. Mais je pensais que j’avais besoin de manger plus riche. J’ai souffert d’une insolation pendant un entraînement de canoë et je n’ai pas pu manger pendant plusieurs jours, mais j’étais quand même apte à poursuivre l’entraînement. C’est encore Uwe Heise qui m’a donné un livre sur le jeûne. Ce livre a été une révélation. Du jour au lendemain, je suis passé à l’alimentation vegan et je ne mange plus qu’une fois par jour. Depuis, je suis en bonne santé. J’adore l’aventure, mais il n’est pas nécessaire de partir loin pour ça. Il est possible d’en vivre avec son propre corps.
Interview : Achim Wagner
LES FAITS

25 élèves de Paray-le-Monial sont arrivés au collège Werner Heisenberg pour un échange scolaire. Ils resteront jusqu’au 7 avril. Ils seront accueillis, entre autres, par le maire Christoph Glogger.

PHOTO
Les plantes de pieds de Florian Gomet portent les stigmates de nombreuses courses réalisées pieds nus. Le sportif de 32 ans fait par ailleurs du vélo, du canoë et du ski.
Photo : Franck

LE PERSONNAGE

Florian Gomet
Florian Gomet, ancien professeur de mathématiques, est bûcheron, auteur, aventurier et sportif de l’extrême. Il a traversé les Alpes à vélo, il a parcouru les 2 600 kilomètres séparant Oslo du Cap Nord en 55 jours, à vélo et à pieds, et est rentré l’année dernière de son America Extrema. C’est le nom qu’il a donné à son aventure, au cours de laquelle il a parcouru 12 000 kilomètres en 15 mois, à vélo, en canoë et à ski, avec la traversée des Rocheuses canadiennes en plein hiver – seul et sans armes.
Son prochain projet : il voudrait marcher depuis la France jusqu’au Tibet, pieds nus, sans argent et sans papiers.
Aujourd’hui, M. Gomet s’exprimera dans le Haus Catoir (19 heures, salle de conférences) au sujet de son expérience de coureur aux pieds nus, de l’alimentation vegan, de la cryothérapie, du yoga et de la méditation. Son partenaire d’entraînement Uwe Heise, professeur d’allemand au collège de Paray, assurera l’interprétation. Celui-ci a régulièrement motivé M. Gomet et ce, à des moments décisifs.
M. Gomet donnera d’autres conférences à Frankenthal et à Bobenheim-Roxheim. Là-bas, le Français qui se douche uniquement à l’eau froide depuis des années a prévu de nager dans le lac Silbersee.

« Merci encore au collège Werner Heinseberg de Bad Dürkheim ainsi qu’à Lucie Heise pour les traductions ! »

 

 

Page d’accueil du collège Werner Heisenberg – téléchargée le 20/04/2017
Le coureur aux pieds nus Florian Gomet en visite au collège Werner Heisenberg
America Extrema – 12 000 km de traversée du Canada et de l‘Alaska

Il est rare qu’un invité du collège Werner Heisenberg suscite autant d’intérêt que Florian Gomet. « Pourquoi courez-vous pieds nus par 12° C en plein mois de mars ? » était la question qui revenait le plus souvent.
Le 3 et 9 avril, le bourguignon aventurier et sportif de l’extrême a présenté devant les classes de français ainsi qu’au cours d’une intervention spontanée auprès de la classe 6a (Français 1ère langue étrangère), son expédition de 15 mois. Florian Gomet l’a intitulée « America Extrema ». À pieds, à skis, à vélo ou en canoë, au cours de l’hiver 2016, Florian Gomet a été le premier à traverser le continent nord-américain du Pacifique à l’Atlantique, sans appareils et sans armes. Traversant marais, fleuves, lacs, terrains accidentés et les Rocheuses recouvertes d’un manteau de neige, il a rencontré des ours et des loups et a pu faire l’expérience de l’hospitalité d’indiens du Canada, bien loin de toute civilisation. Par ailleurs, il a pu s’entretenir avec son public captivé de sujets tels que la vie en harmonie avec la Nature, la course pieds nus, le jeûne et l’alimentation vegan, les sports extrêmes et la survie dans un environnement froid, le yoga et la méditation. À la fin, il encourageait les élèves à réaliser leurs rêves mais a bien précisé que cela était également synonyme de sacrifices et d’efforts.
Aujourd’hui, il mène une vie de conférencier et de bûcheron en Bourgogne, où il prépare son prochain projet hors du commun : atteindre le Tibet comme une sorte de pèlerin, sans argent ni papiers.
 Son parcours :
Études de mathématiques/ formation à l’enseignement, professeur de mathématiques au collège
2008 Traversée des Alpes à vélo : 1 400 km en 12 jours
2009 La Roumanie en vélo tout-terrain : 2 400 km en 27 jours
2011 France-Suisse-Autriche à pieds : 800 km en 27 jours
2012 Norvège : d’Oslo au Cap Nord, à pieds et à vélo, 2 600 km en 55 jours
2014 La Loire en canoë gonflable, 900 km en 20 jours 
Les origines de l‘intervention
Uwe Heise, collègue et enseignant au collège René Cassin de Paray-le-Monial, est un ami et partenaire d’entraînement de monsieur Gomet. Ce dernier avait exprimé son intérêt pour l’échange du 30/03 au 07/04 avec le collège Werner Heisenberg à Bad Dürkheim et de pouvoir parler de son expédition dans le cadre d’une intervention pour un public universitaire, dans le Haus Catoir ainsi qu’à Bobenheim et à Roxheim, à la suite de quoi j’ai prié cet hôte hors du commun de s’installer chez nous pour une durée de 9 jours.
(Pour plus d’informations, consulter le site http://cap-au-nord.com/).
Renate Ritz-Schubert

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